Face à une sculpture nous sommes comme devant un autre être ! En exposant son existence,
elle nous parle de la nôtre!
Etre sculpteur, c'est jouer dans la matière pour y infiltrer sa pensée.
C'est pousser son rêve dans la réalité alors que les autres arts soutirent le rêve qu'elle contient.
Les oeuvres se rejoignent à mi-chemin alors que le geste qui les fait naître, diffère.
Déjà 20 ans d'aventure à rêver des sculptures, à les faire prendre forme,
à observer la caresse de la lumière sur leurs surfaces, à chercher ou à transposer la proportion,
l'épaisseur, la dimension, laspérité, qui les rendront fidèles; fidèles à leurs esprits à ce qu'elles sont, à ce qu'elles doivent être.
Vingt ans déjà de confrontation, de recherche, d'expérience, d'essai, de réalisation :
- dix monuments, des dizaines d'expositions, une présence dans de nombreux pays. Un travail incessant sans que rien ne soit résolu.
A se heurter à cette réalité, à domestiquer ce métal, qui depuis l'âge du bronze est soustrait du ventre de la terre afin de servir
aux hommes pour éterniser leur présence.
Ce bronze coulé comme du sang dans un moule pour se figer en refroidissant, laisse la trace de nos existences.
Il est nerveux comme la vie, résistant comme le temps qui passe, indifférent comme la mort.
C'est pour ces qualités qu'il permet la communion entre l'âme humaine et le monde physique.
Ce sont ces jeux de proportion, de vide et de plein, de surfaces brutes ou tendues,
du massif ou du frêle, qui constituent l'alphabet du sculpteur qui cherche la magie de l'art. Réaliser des objets de pouvoir
c'est le bonheur de partager son expérience de vivre, de découvrir, de choisir et d'arrêter le temps dans son oeuvre pour dépasser son existence.
Tout redonner, c'est apprendre à mourir à chaque instant avec un sourire,
car si l'art est la signature de l'homme, c'est aussi son miroir.
La matière est énergie. Cette énergie concrétisée dans une forme devient intention, attitude.
C'est elle qui derrière le visage, la personnalité, meut nos existences entre le désir d'avoir une volonté et la volonté d'avoir un désir,
entre l'instinct et la pensée.
Chaque sculpture raconte un évènement, un rêve.
Sa compréhension donne un sens à l'oeuvre sans rien enlever à sa présence plastique et à son énergie.
Se concrétiser dans son oeuvre est le pacte que l'artiste passe avec la vie. Une façon de la remercier ou de la répudier.
Alors que l'érosion des éléments et du temps donne leurs formes aux montagnes,
une sculpture doit la sienne à l'émotion d'un homme; les pensées et les sentiments ont leur forme,
mais l'aboutissement de ce dialogue avec la réalité n'a de sens que dans le véritable dialogue, celui avec autrui.
C'est de partager sa vision qui mène au bonheur de l'art.